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Valoriser son entreprise avant la transmission

La valorisation d'entreprise consiste à évaluer la valeur marchande de l'entreprise. Cette valeur constituera la base de négociation du prix de cession avec le repreneur de l’entreprise.

Avant d'estimer la valeur de l'entreprise, il est nécessaire de réunir les informations permettant d'en apprécier la situation et les perspectives.

Les documents et données à rassembler sont les suivants :

  • Comptes annuels et résultats des 3 à 5 derniers exercices (chiffre d'affaires, résultat d'exploitation, résultat net)

  • État des actifs et des dettes (immobilisations, stocks, créances, emprunts, dettes fournisseurs)

  • Liste et valeur des biens matériels (locaux, équipements, véhicules, machines, matériel informatique)

  • Contrats importants (bail commercial, contrats avec les principaux clients ou fournisseurs, licences, contrats de distribution)

  • Portefeuille clients (nombre de clients, chiffre d'affaires réalisé avec les principaux clients, répartition et évolution de la clientèle)

  • Informations sur les salariés et l’organisation de l’entreprise (effectifs, qualifications, répartition des fonctions, organisation des responsabilités)

  • Éléments de propriété intellectuelle (marques, brevets, licences, logiciels, nom commercial, enseigne, nom de domaine)

  • Données relatives au marché et à la concurrence (taille du marché, évolution, principaux concurrents, positionnement de l'entreprise)

  • Éléments permettant d'apprécier les perspectives de l'entreprise (projets en cours, carnet de commandes, possibilités de développement, investissements prévus)

À savoir

Le diagnostic de l’entreprise réalisé en amont permet d'établir cet état des lieux et de disposer d'une grande partie des informations nécessaires à la valorisation.

La valorisation de l’entreprise repose non seulement sur les éléments matériels de l’entreprise (locaux, matériels, équipements, stocks, etc.) mais aussi sur les éléments immatériels de l’entreprise (marques, brevets, licences, savoir-faire, etc.) qui ont également leur importance dans la prise de décision du repreneur. La valeur de l'entreprise dépend donc de plusieurs facteurs qu'il convient d'analyser avant de procéder à son estimation.

Parmi les principaux leviers de valorisation figurent :

  • Résultats économiques : analyser l’évolution du chiffre d’affaires et des résultats sur les 3 à 5 derniers exercices, la rentabilité et la situation financière. Une activité rentable et des résultats réguliers peuvent contribuer à renforcer la valeur de l’entreprise.

  • Moyens de production : examiner les locaux, matériels, équipements, stocks et outils nécessaires à l’activité, en tenant compte de leur état, de leur niveau d’utilisation et des investissements à prévoir. Des équipements vieillissants ou nécessitant des investissements importants peuvent réduire l’attractivité de l’entreprise.

  • Salariés : examiner les effectifs, les compétences et les qualifications, mais aussi la répartition des responsabilités et la capacité des salariés à assurer la continuité de l’activité. Une forte dépendance à une personne clé peut constituer un point de vigilance pour la transmission.

  • Savoir-faire : identifier les compétences, méthodes, procédés et connaissances propres à l’entreprise qui contribuent à sa performance et peuvent être transmis au repreneur. La formalisation et la transmission de ces savoir-faire peuvent faciliter la reprise de l’activité.

  • Marché : analyser l’évolution du marché, le positionnement de l’entreprise et la concurrence. Les perspectives du secteur, son niveau de concurrence et les possibilités de développement permettent d’apprécier les perspectives de l’activité.

  • Partenaires : examiner les relations avec les principaux fournisseurs, distributeurs, sous-traitants et autres partenaires. Une forte dépendance à un seul partenaire ou des relations contractuelles difficiles à transférer peuvent constituer un point de vigilance.

  • Organisation interne : apprécier le fonctionnement de l’entreprise, la répartition des responsabilités et son niveau de dépendance au dirigeant. Une organisation structurée et facilement transmissible peut faciliter la reprise.

  • Communication : examiner la notoriété, l’image et la visibilité de l’entreprise (identité de marque, site internet, réseaux sociaux, supports commerciaux). Ces éléments peuvent contribuer à l’attractivité de l’entreprise auprès des clients et du repreneur.

À noter

Certains facteurs peuvent avoir un effet négatif sur la valeur ou l’attractivité de l’entreprise, notamment un équipement vieillissant, une forte dépendance à un client ou fournisseur, une baisse régulière des résultats ou une organisation reposant principalement sur le dirigeant.

Il existe plusieurs méthodes de valorisation de l'entreprise. Il est important de combiner chacune de ces méthodes pour obtenir une valorisation au plus proche du réel.

La méthode patrimoniale consiste à évaluer l'actif net comptable de l'entreprise, c'est-à-dire la différence entre son actif (ses biens) et son passif (ses dettes).

Ce calcul repose sur l'analyse des bilans comptables des 3 derniers exercices.

Exemple

Une entreprise possède 300 000 € de biens et de droits (locaux, matériel, stocks, trésorerie, créances, etc.) et a 120 000 € de dettes.

Son actif net comptable est donc de 180 000 € (300 000 € - 120 000 €).

Cette méthode donne une première indication de la valeur de l'entreprise à partir de son patrimoine. Elle ne tient toutefois pas compte, à elle seule, de sa rentabilité ou de son potentiel de développement.

À noter

Cette méthode est particulièrement adaptée aux entreprises dont le patrimoine immobilier ou matériel est important. Elle peut donc ne pas être idéale pour une entreprise dont la valeur repose principalement sur sa clientèle, son savoir-faire ou encore sa capacité à générer des bénéfices.

La méthode comparative consiste à comparer l'entreprise à d'autres entreprises similaires (activité, taille et niveau de maturité) pour lui appliquer un barème fondé sur les prix constatés lors de transmissions d'entreprises comparables.

Exemple

Un commerce réalise un chiffre d'affaires annuel de 400 000 €. Si les cessions de commerces similaires s'effectuent généralement autour de 50 % du chiffre d'affaires, sa valeur peut être estimée à 200 000 € (400 000 € x 50 %).

Le barème utilisé dépend de l'activité et des caractéristiques des entreprises comparées. Il ne constitue donc qu'une indication de valeur et doit être adapté aux particularités de l'entreprise évaluée. Par exemple, elle ne tient pas compte de la valeur du bail commercial et des écarts de prix important pouvant être constatés.

La méthode de la rentabilité, aussi appelée méthode de rendement, consiste à estimer la valeur de l’entreprise à partir de sa capacité à générer des bénéfices dans les années à venir. Elle peut notamment s’appuyer sur l’excédent brut d’exploitation (EBE) qui mesure la performance économique de l’activité et permet d’apprécier sa capacité à générer des ressources. L’EBE peut ainsi être utilisé, selon la méthode retenue, pour déterminer un niveau de rentabilité ou un multiple permettant d’estimer la valeur de l’entreprise.

Exemple

Une entreprise présente un EBE moyen de 50 000 € sur les derniers exercices. Si un multiple de 5 est retenu pour l’évaluation, sa valeur peut être estimée à 250 000 € (50 000 € × 5).

Cette estimation doit tenir compte du risque que les bénéfices prévus ne soient pas réalisés. Les prévisions sont généralement établies sur une période limitée afin de réduire les incertitudes liées à l'évolution future de l'activité.

Cette méthode est particulièrement utile pour les entreprises dont la valeur repose principalement sur leur capacité à générer des bénéfices. Elle doit toutefois être utilisée avec prudence lorsque les résultats sont irréguliers ou que les perspectives de l'activité sont incertaines.

À noter

Plusieurs méthodes peuvent être combinées afin d’obtenir une estimation plus représentative de la valeur de l’entreprise. Le résultat obtenu constitue une estimation à un moment donné et non un prix de vente définitif.

Pour plus d’informations sur l’évaluation de la valeur d’une entreprise, la DGFIP met à disposition un guide sur l’évaluation des entreprises et des titres de sociétés :

L’évaluation des entreprises et des titres de sociétés

Direction générale des finances publiques (DGFiP)

La valorisation de l’entreprise peut être réalisée avec l’aide d’un expert-comptable ou de tout autre professionnel spécialisé dans la transmission d’entreprises :

Pour contacter un expert-comptable :

Où s'informer ?


Ordre des experts-comptables

Ordre des experts-comptables (Site internet)

La valorisation réalisée précédemment permet d'estimer sa valeur, mais ne détermine pas automatiquement son prix de cession. La valeur estimée constitue une base de négociation à partir de laquelle le prix de cession peut être fixé.

Pour déterminer le prix de cession, il convient de prendre en compte :

  • la valeur estimée de l’entreprise et les résultats obtenus avec les différentes méthodes de valorisation

  • les conditions du marché et les prix pratiqués pour des entreprises comparables

  • les perspectives de développement et les investissements que le repreneur devra éventuellement réaliser

  • les conditions de la cession (modalités de paiement, reprise des dettes, garanties, accompagnement du repreneur)

  • les éléments susceptibles de faire varier le prix lors de la négociation avec le repreneur

Le prix de cession résulte ainsi de l'ensemble des caractéristiques de l'opération et de l'accord conclu entre le cédant et le repreneur. Il peut donc être supérieur ou inférieur à la valeur estimée.

À noter

Il peut être utile de faire valider la valorisation et les conditions de cession par un professionnel spécialisé dans la transmission d’entreprise (comme un expert-comptable, un notaire ou un avocat), notamment lorsque l’opération présente des enjeux financiers, patrimoniaux ou juridiques importants.


Textes de référence


Questions - Réponses